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Décembre 2013

Jérusalem, Sainte fête de Noël 2013


Message du Custode de Terre Sainte

“Marie enfanta son fils premier-né.
Elle l’emmaillota, et le coucha dans une mangeoire” 
( Luc 2,7 )

L’année qui s’achève a vu un regain de violence. Nous avons souffert de la participation de tant d’innocents : enfants, personnes âgées, femmes et pauvres dans de nombreux conflits. Nos frères et sœurs chrétiens ont été victimes de discrimination, persécution et martyr au Moyen-Orient et dans d’autres parties du monde. Cette année fut éprouvante, mais notre espoir a été porté par la prière et l’urgence de fournir une assistance à ces victimes. Plus qu’une nécessité, nous avons érigé au plus profond de nos cœurs le devoir de faire grandir notre espérance, de la défendre malgré l’assaut répété d’une violence qui n’en finit point. Nous avons pu toucher du doigt l’éternelle vérité du mystère de Noël que l’Évangile nous révèle.

Le chemin de la Vie ne se perd pas dans les dédales de la domination et du pouvoir, mais parcourt les sentiers cachés de l’Amour qui se veut discret et ne s’impose pas. Dieu ne nous sauve pas dans un geste de force mais avec humilité en offrant au monde son infinie disponibilité. Nous avions besoin que la Toute-Puissance apparaisse sous le visage d’un enfant. “Dieu a choisi les choses faibles du monde” (1 Cor. 1:27) parce que «  sa grâce nous suffit, c’est dans la faiblesse que sa puissance se manifeste pleinement (2 Cor. 12:9).

C’est de cette manière seulement qu’il nous a sauvés, en allant aux racines les plus profondes, dissimulées et obscures de nos cœurs. Sa seule Puissance aurait pu suffire à guérir nos maux, au travers de miracles bienveillants ; mais bien que guéris, nos cœurs n’auraient pas été transformés.

Nous le savons, la notion de pouvoir associe la capacité de faire le mal comme de faire le bien. Nos cœurs auraient pu rester dans l’espérance incertaine d’une Toute Puissance positive. Mais Dieu, ne nous a pas sauvé du mal par la force mais par l’humilité de son amour. Et parce que nous avons fait cette rencontre de l’amour authentique et démesuré ; nous sommes vraiment sauvés. Cet amour nous sauve aussi de nous-même, de notre soif et confiance dans le pouvoir, de l’illusion de posséder notre vie grâce à la force.

Cette confiance infinie en l’Amour, c’est le Salut. Rien ne pourra transformer nos cœurs, rien ne pourra transformer le monde – pas même la violence qui nous entoure et qui semble être le seul moyen d’expression – si ce n’est cette confiance en l’Amour.
Nous avions besoin de quelqu’un qui nous précède (“Christ a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces”, 1 Pierre 2 : 21 ) et parcourt de modestes sentiers pour nous affirmer que ce chemin est le bon et l’unique. Sur cette route, il a marché et ce jusqu’à la fin. Jusqu’à cette croix où l’amour – l’amour faible et battu – s’est donné à lui afin qu’il renaisse vivant et pour toujours. La force et la violence qui nous font face aujourd’hui, peuvent tout nous enlever mais pas la vie qui émane de cet amour de Dieu. Il nous est donné pour toujours.

Et Noël, c’est cet enfant qui vient nous prendre par la main et nous conduit sur ​​ce même chemin. Celui-là même que Dieu a choisi, le seul où nous engageons nos cœurs et nous trouvons vraiment sauvés. Posons nos yeux sur la grotte de Bethléem afin de voir que Dieu a vraiment choisi ce qui est le plus éloigné de la force et de la puissance : l’image d’un nouveau-né.

Joyeux Noël à tous.
Frère Pierbattista Pizzaballa , OFM
Custode de Terre Sainte

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